Article paru dans Les Echos, le 6 juillet 2022
Les taxes sur l'essence en Europe ont conduit à adopter des voitures moins énergivores qu'aux Etats-Unis, où l'essence est quasi exempte de taxe. La preuve qu'une taxe carbone sur la consommation des ménages est indispensable à la transition énergétique. Mais comment le faire sans accentuer les inégalités ? s'interroge Frédéric Cherbonnier.
Le Conseil de l'Union européenne vient d'approuver la création d'un second marché carbone, devant en théorie se traduire à partir de 2026 par l'incorporation d'un prix du carbone dans les dépenses de transport et de chauffage des ménages.
Une telle mesure est plébiscitée par les économistes qui la savent bien plus efficace cace pour contrer le réchauffement climatique que les normes environnementales. Pour s'en convaincre, il suffit de voir à quel point les taxes sur l'essence en Europe ont conduit à adopter des voitures moins énergivores que dans un pays comme les Etats-Unis où l'essence est quasi exempte de taxe. Et se rappeler les scandales sur les standards techniques, comme l'affaire Volkswagen, montrant combien les normes environnementales sont rendues inefficaces, voire contre- productives, par les experts issus de l'industrie chargés de les concevoir.
Pour autant, taxer essence et électricité est une mesure régressive qui accroît les inégalités. Solution naturelle : redistribuer les sommes ainsi prélevées via un transfert forfaitaire bénéficiant à tous. Une étude des économistes Emilien Ravigné et Franck Nadaud analyse les effets d'une taxe carbone de 158 euros, soit la valeur qui découlerait de la mise en oeuvre de la stratégie nationale bas carbone en 2025. Une telle taxe pèserait deux fois plus, en proportion du revenu, sur les ménages les plus pauvres (premier décile) que sur le reste de la population.
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Illustration : Photo by Jack Prichett on Unsplash




