Apparu dans Les Echos, le 9 avril 2020
Quel enseignement retirer de la crise épidémique actuelle pour notre politique de santé ? En particulier, y a-t-on suffisamment consacré de ressources ? La France se place en troisième position mondiale en matière de dépenses de santé (rapportées au produit intérieur brut). Celles-ci augmentent généralement à un rythme plus élevé que la croissance économique : leur part dans la consommation croît au cours du temps, l'innovation médicale permettant de soigner toujours mieux et davantage. Pouvoir dépenser de plus en plus pour notre santé suppose d'éviter tout gaspillage, en encadrant correctement les activités engagées par le corps médical.
Solution de facilité
La crise de l'hôpital résulte de ce que les derniers gouvernements ont choisi la solution de facilité pour contrôler les dépenses. Il est aisé de plafonner les dépenses hospitalières, quitte à diminuer la valeur attribuée à chaque acte médical comme l'a instauré la réforme de 2004 de la tarification à l'activité. Cela a conduit à une augmentation des cadences de travail pour multiplier les actes tarifés, d'où une dégradation des conditions de travail du personnel paramédical rendant plus difficile les recrutements, et cette incapacité à recruter a conduit les hôpitaux de Paris à fermer malgré eux 900 lits en 2019 ! In fine, la progression des dépenses à l'hôpital a atteint un point bas historique, sous la barre des 1 % en 2018, tandis que celles de la médecine de ville continuent à déraper faute d'une régulation adéquate. Il faut corriger rapidement cette situation, mais aussi s'interroger sur l'objectif : les dépenses de santé stagnent depuis la crise sous la barre des 12 % du PIB, cela ne pourra durer éternellement.
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Illustration : Photo by Luis Melendez on Unsplash




