Gratuité des transports: un leurre politique

September 24, 2022 Economie

Article paru dans Les Echos le 22 septembre 2022

Plusieurs municipalités en France ou à l'étranger ont mis en place la gratuité de leurs transports publics. Si certaines expérimentations localisées ont pu se révéler positives, la généralisation de cette mesure à tout un territoire serait contre-productive. Frédéric Cherbonnier nous explique pourquoi.

La gratuité des transports en commun est une idée en vogue avec des expérimentations récentes en Allemagne et en Espagne, et plus anciennes en France comme à Aubagne et Dunkerque. La présidente de la région Occitanie Carole Delga vient même de la proposer pour l'ensemble du réseau ferroviaire français.

Si la gratuité peut être judicieuse lorsqu'elle est ciblée sur certaines catégories de la population, cette généralisation semble excessive d'autant que les arguments mis en avant ne tiennent pas. Vouloir ainsi redonner du pouvoir d'achat est un leurre car rien n'est gratuit en économie - des mesures ciblées sont bien plus efficaces.

Et il est vain de chercher par cette approche à réduire le rôle de la voiture: l'impact sur le trafic automobile est généralement marginal, les reports se font plutôt depuis des modes de transport tels que la marche et le vélo. Pour autant, d'un point de vue économique, la question reste ouverte, plusieurs arguments jouant en sens opposé.

D'un côté, lorsque le nombre d'usagers croît, la fréquence de passage des bus est augmentée ce qui améliore la qualité des dessertes. Ce phénomène appelé « effet Mohring » justifie d'attirer les passagers en tarifant au-dessous des coûts moyens, et de subventionner lourdement les transports en commun - à plus de 70 % y compris aux Etats-Unis.

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Illustration : Photo de Ant Rozetsky sur Unsplash