On n’échappera pas à la taxe carbone

April 08, 2026 Economics

Interview publiée dans Le Point,  le 10 mai 2022

INTERVIEW. L’économiste estime que le défi de la crise climatique va générer des transformations radicales des modes de production et des manières de vivre.

Propos recueillis par Valérie Peiffer

Directeur de Toulouse School of Economics, Christian Gollier est un spécialiste de l'économie de l'incertain et de l'environnement. Il fait partie de la commission Blanchard- Tirole chargée de réfléchir aux grands défis économiques post-Covid. Installée par Emmanuel Macron, cette nouvelle instance, qui réunit vingt-six membres, planche sur trois thèmes : le climat, les inégalités et la démographie. Elle doit rendre son rapport en mai.

Le Point : Quels enseignements tirez-vous de la crise sanitaire?
Christian Gollier : Nous avons réalisé que nous vivions dans un monde beaucoup plus risqué qu'on ne le pensait. En économie, on a l'habitude de décrire les incertitudes sur l'avenir par des mouvements browniens ; c'est-à-dire que, à chaque instant, il y a de toutes petites différences qui créent de la volatilité sur les anticipations. Ce modèle que l'on utilise depuis des décennies pour décrire les incertitudes ne correspond pas à la réalité actuelle. Nous sommes confrontés à une rupture. Cela change radicalement la façon de penser de nombreux sujets économiques, comme l'investissement des entreprises ou l'épargne des ménages.
Quelles seront les conséquences de la récession économique?
Nous vivons un choc macroéconomique comme nous n'en avons pas connu depuis la Seconde Guerre mondiale. La crise de 2008, ce n'était rien du tout. C'est d'ailleurs intéressant de constater que peu de gens se rendent compte de l'ampleur de la crise actuelle, grâce aux mesures prises par l'État, qui a joué son rôle d'assureur en dernier ressort et évité que les revenus des entreprises et des ménages ne s'effondrent. Il faut cependant rappeler que, pour cela, l'État a emprunté et ainsi reporté le sacrifice à plus tard, car il faudra à un moment rembourser cette dette. « En France, la valeur de la vie humaine a été valorisée à 3 millions d'euros »...
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Illustration : Photo by veeterzy on Unsplash