Article paru dans Les Echos, le 2 décembre
Le reflux récent des hausses de prix aux Etats-Unis ne doit pas nous faire oublier que l'inflation reste élevée et qu'en Europe en particulier, nous sommes loin d'avoir résolu le choc des prix de l'énergie, prévient Frédéric Cherbonnier.
La lutte contre l'inflation met les banques centrales dans une position difficile. Répondre à la situation nécessite d'identifier les mécanismes susceptibles d'enrayer la hausse des prix en distinguant la situation américaine de la situation européenne.
La victoire contre l'inflation au siècle dernier est associée à la remontée brutale des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine, portés à 20 % en mars 1980 sous l'impulsion de son président, Paul Volcker.
L'économie américaine a alors plongé, et la détérioration du marché du travail aurait entravé la "boucle prix salaire" en imposant une modération salariale: un chômage élevé rend en effet plus difficile pour un salarié d'exiger une hausse de sa rémunération - d'où une relation négative entre chômage et inflation, la fameuse "courbe de Phillips". Il faudrait ainsi faire basculer nos économies dans une grave récession pour vaincre l'inflation.
Mais cette explication n'apparaît aujourd'hui plus pertinente. Elle ne permet pas de comprendre pourquoi l'inflation à travers le monde n'a pas baissé significativement durant la grande crise de 2008, et n'a pas non plus rebondi au sortir de cette crise - un phénomène alors qualifié de "missing (dis)inflation puzzle" par les observateurs, faisant croire à un moment que la relation de Phillips entre chômage et inflation avait disparu.
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Illustration :Photo de Markus Spiske sur Unsplash




