Article paru dans L'Express, le 9 avril 2025
Pour L'Express, l'économiste détaille la méthode et les pistes possibles pour l'Europe afin de répondre à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump. Finesse et détermination.
La politique commerciale adoptée le 2 avril par les Etats-Unis est fondée sur une hausse significative des droits de douane, atteignant des niveaux inédits depuis le XIXe siècle. Par exemple, les entreprises européennes exportant dans ce pays devront s'acquitter de 20 % de taxes (contre les 4 % payés par les entreprises américaines pour accéder au marché européen). Ces mesures sont justifiées par une volonté affichée par Donald Trump de rétablir une forme de "réciprocité" commerciale. L'objectif de réduction des déficits commerciaux bilatéraux trahit cependant une incompréhension fondamentale du commerce international. Il n'est ni nécessaire, ni souhaitable d'obtenir un équilibre commercial avec chaque partenaire pris isolément. La France, à titre d'illustration, est structurellement déficitaire vis-à-vis de la Chine, de l'Allemagne, de l'Italie ou des Pays-Bas, tout en étant excédentaire avec d'autres, comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. Ce qui importe du point de vue macroéconomique est le solde commercial global d'un pays, pas sa composition bilatérale. Or les Etats-Unis enregistrent depuis cinquante ans un déficit commercial structurel. Ce déséquilibre reflète une réalité économique plus profonde : le pays consomme davantage qu'il ne produit, ce qui l'oblige à emprunter sur les marchés internationaux et à céder une partie de ses actifs à des créanciers étrangers. En quoi ce choix américain pour la dépense rend les Etats-Unis "vertueux" et l'Europe "injuste" (selon leur président) m'échappe...
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Illustration : Photo de syahmi syahir sur Unsplash



