Article paru dans les Echos, le 27 octobre 2022
La distribution de dividendes exceptionnels par les grandes entreprises à leurs actionnaires ne manque jamais de provoquer l'indignation. Pourtant, cette pratique n'a que peu de choses à voir avec le partage des fruits de la croissance qui reste le vrai sujet, note Frédéric Cherbonnier.
La distribution de dividendes par les grandes entreprises dans le monde devrait atteindre un record et dépasser la barre des 1.500 milliards de dollars cette année. Les entreprises françaises suivent ce mouvement, d'où les unes de nos journaux accusant leurs actionnaires de s'enrichir sur le dos des Français. Ce thème constitue en fait un véritable "marronnier": dividendes et profits fluctuent d'une année sur l'autre, ce qui amène régulièrement médias et politiques à mettre en avant le scandale que serait une distribution record de dividendes. Mais ils se gardent bien de noter que ces distributions n'ont a priori aucun effet sur la richesse des actionnaires.
Le raisonnement est pourtant assez immédiat et peut être illustré par un simple exemple. Si l'action d'une entreprise vaut 100 euros et que celle-ci décide de se délester d'une partie de ses profits pour distribuer 10 euros par titre, le cours chutera demain à 90 euros et l'actionnaire se retrouvera alors avec 10 euros en poche mais avec une action valant d'autant moins. Quand il s'agit d'une grande entreprise, le titre est liquide et l'actionnaire peut obtenir le même résultat en vendant 10 % de son portefeuille.
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Illustration : Photo de Jason Briscoe sur Unsplash




