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ENGIE et TSE : un partenariat stratégique au service de la transition énergétique
Publié le 1 février 2024
Pouvez-vous décrire votre rôle chez ENGIE et votre lien avec TSE ?
Au sein de la Direction de la Stratégie, je dirige la division Économie, Marchés et Scénarios, qui élabore des scénarios de mix énergétique et de prix, ainsi que des données macroéconomiques permettant aux équipes financières et opérationnelles d’évaluer la viabilité économique des projets d’ENGIE. Le travail de la division contribue également à fournir au Groupe des études éclairant des problématiques spécifiques liées à la décarbonation et, plus globalement, à l’évolution de long terme des marchés de l’énergie d’un point de vue économique. Je suis également l’économiste en chef du Groupe et participe à plusieurs instances économiques externes. Je suis donc l’interlocuteur privilégié de TSE.
ENGIE et TSE sont partenaires depuis près de 15 ans. Selon vous, quels en ont été les principaux bénéfices pour votre entreprise ?
J’ai particulièrement apprécié le recul et la compréhension apportés sur des sujets fondamentaux tels que l’évolution du prix du CO₂ ou la valeur systémique de l’intégration sectorielle. Apporter un regard académique aux travaux de modélisation internes s’est révélé très fructueux pour nos équipes. Au-delà de la contribution indéniable des travaux académiques à la production de connaissances, je retiens également l’apport en visibilité sur les problématiques et les solutions adaptées à la décarbonation. Je pense notamment à l’événement public organisé conjointement par TSE, Terra Nova et ENGIE le 28 janvier de cette année, consacré aux trajectoires de décarbonation et aux leviers permettant d’atteindre un mix énergétique neutre en carbone et abordable.
Qu’attendez-vous du renouvellement du partenariat entre TSE et ENGIE ?
Les attentes d’ENGIE à l’égard de ce partenariat sont doubles. La première concerne les nouvelles formes d’organisation des marchés de l’électricité et du gaz. La croissance des énergies renouvelables dans le mix énergétique est susceptible de modifier profondément ces marchés, en favorisant la convergence des secteurs électrique et gazier. La seconde concerne les conséquences attendues des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur les scénarios optimaux de décarbonation jusqu’à atteindre la neutralité carbone en 2050. Les recherches menées dans le cadre de ce partenariat viseront à apporter des éléments d’analyse permettant à ENGIE d’approfondir sa réflexion sur ces sujets. ENGIE souhaite mobiliser l’expertise économique et le savoir-faire en modélisation de TSE dans une approche académique objective et inscrite dans le long terme.
Pouvez-vous nous en dire plus sur les thématiques de recherche au cœur de ce partenariat ?
Le partenariat renouvelé comprend six axes, guidés par l’objectif de transition énergétique vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. L’idée est de mobiliser l’ensemble des vecteurs énergétiques renouvelables et décarbonés pour atteindre cette cible. Ces axes sont les suivants : la valeur assurantielle du gaz vert (méthane et hydrogène) dans le couplage sectoriel, la certification et les garanties d’origine de la production de gaz vert, le mix énergétique optimal, les trajectoires optimales d’émissions et de réduction vers l’objectif de « zéro émission nette », la conception du marché de l’électricité — notamment la question de savoir si l’objectif de décarbonation remet en cause le rôle central du coût marginal — ainsi que la compréhension et l’évaluation de l’élasticité-prix de la demande de gaz et d’électricité dans un contexte de chocs de prix.
Quels membres d’ENGIE seront impliqués dans ce partenariat dans les années à venir ? Serez-vous vous-même impliqué ?
Je serai bien entendu fortement impliqué dans ce partenariat, en suivant de près les travaux, en participant aux comités de pilotage et aux réunions, et en examinant les livrables. Mon équipe, en lien avec la direction générale d’ENGIE, sera également très mobilisée. Chaque membre, selon son domaine d’expertise, pourra contribuer aux différents axes du partenariat.
Qu’appréciez-vous le plus dans la relation avec les équipes de TSE et, plus généralement, avec les partenaires académiques ?
Je tiens tout d’abord à souligner la qualité de la relation entre TSE et ENGIE : elle est fluide, les équipes travaillent efficacement, et nous échangeons régulièrement avec Christian Gollier, toujours enthousiaste sur les sujets liés aux enjeux d’ENGIE. Nos discussions ont toujours été animées par un esprit constructif et un attachement commun à la rigueur intellectuelle. Ce que nous apprécions particulièrement dans la relation avec les partenaires académiques, c’est l’objectivité et la robustesse d’un travail de long terme qui soutient nos projets industriels. Réciproquement, il nous semble utile de leur apporter une connaissance concrète du secteur afin d’ancrer leurs modèles théoriques dans la réalité économique. Les temporalités et les logiques des sphères académique et industrielle diffèrent, mais leur convergence se révèle extrêmement fructueuse.
Liens utiles :
- Centre Energie & Climat de TSE
- Initiative de recherche sur le mix énergétique à horizon 2050 (ENGIE)
- Tous les témoignages
Entretien publié dans TSE Reflect, novembre 2022
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