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Le diagnostic reste un outil essentiel pour lutter contre le Covid-19

Publié le 3 décembre 2023

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Alexandre Mérieux @ bioMérieux

Depuis des décennies, bioMérieux s’est imposé comme un leader mondial dans le domaine du diagnostic in vitro. L'entreprise française fournit des solutions de diagnostic pour améliorer les soins de santé dans le monde. TSE et bioMérieux ont récemment uni leurs forces par le biais du centre santé de TSE, lancé l'année dernière, avec l’objectif de développer et d'utiliser de nouveaux outils pour aborder les questions de réglementation et d'organisation des soins de santé et de l'innovation. Les deux institutions ont également annoncé récemment leur participation au projet ARPEGE, qui vise à lutter contre la résistance aux antibiotiques. Pour discuter de ces partenariats, ainsi que de la pandémie et de son impact sur l'industrie de la santé, Alexandre Mérieux, PDG de bioMérieux, a répondu aux questions de TSE Mag.

Quels sont les défis actuels du groupe bioMérieux ? 

La pandémie de COVID-19 a révélé le rôle essentiel du diagnostic pour les systèmes de santé et la valeur qu’il apporte dans la mise en œuvre de politiques sanitaires adaptées, d’une prise en charge optimisée des patients ou en matière de surveillance épidémiologique. Cette émergence infectieuse a également mis en lumière la nécessité de développer très vite des tests rapides et fiables, ainsi que des outils d’aide à la décision exploitant les données scientifiques et cliniques. En ce sens, le premier défi est celui de l’innovation dans le domaine du diagnostic afin de répondre à ces enjeux sur les grands sujets de santé publique que nous abordons, tels que la lutte contre l’antibiorésistance. 

Quels sont les effets de la crise du Covid-19 sur votre groupe ? 

La pandémie a fortement mobilisé les acteurs de la santé et a suscité un engagement remarquable des collaborateurs qui ont travaillé sans relâche dans un esprit de collaboration exemplaire pour répondre à l’urgence médicale. Nous avons développé, en seulement quelques mois, quatre tests de biologie moléculaire complémentaires et deux tests sérologiques. Je dirais que nous nous sommes sentis utiles, engagés et nous avons pu faire preuve d’agilité. Le diagnostic médical a montré toute son importance dans le continuum de soin. Les bonnes performances du groupe dans ce contexte extraordinaire nous ont permis de venir en aide aux plus démunis en renforçant nos actions de philanthropie et en créant un fonds de dotation.

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La pandémie a accéléré l’une des grandes tendances de fond du diagnostic in vitro, la décentralisation des tests au plus près des patients.

Alexandre Mérieux, PDG, bioMérieux

Comment vont évoluer les tests de dépistage du Covid-19 ? 

La situation est encore difficile dans de nombreux pays et le diagnostic reste un élément clé de la lutte contre la pandémie. A terme, le Covid-19 continuera d’être surveillé et fera partie des virus détectés dans nos panels respiratoires. Le triptyque du continuum de soin préventiondiagnostic-traitement sera capital. Le diagnostic sera utile dans la stratégie vaccinale pour suivre l’immunité des personnes vaccinées dans la durée et décider de stratégies de rappels vaccinaux à plus ou moins long terme. Par ailleurs, la vaccination de masse n’a pas encore été étendue à toutes les populations du monde. Dans certains pays, le diagnostic reste l’outil principal de lutte contre la pandémie. Notre rôle en tant qu’acteur mondial du diagnostic in vitro est de favoriser l’accès à ces innovations diagnostiques dans les pays à revenu faible et intermédiaire. D’autre part, nous restons en veille permanente quant à l’émergence et l’évolution de variants. Nous avons lancé en 2021 un outil d’aide à l’analyse du séquençage des échantillons patients positifs et nous restons prêts à adapter nos tests pour qu’ils continuent de répondre aux besoins des médecins et des biologistes.

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Notre ambition commune avec TSE est de concevoir des éléments de réflexion novateurs sur les questions économiques dans le domaine de la santé et de rendre ces résultats accessibles au public.

Alexandre Mérieux, PDG, bioMérieux

Comment analysez-vous les tendances actuelles du secteur du diagnostic ? 

La pandémie a accéléré l’une des grandes tendances de fond du diagnostic in vitro, la décentralisation des tests au plus près des patients : chez des professionnels de santé de proximité (médecins de ville, pharmaciens, infirmiers…), dans des lieux publics, voire directement au domicile. Être au plus près des patients, c’est aussi prendre en compte leurs besoins pour développer avec eux nos solutions de demain. C’est pourquoi nous nouons des relations de plus en plus étroites avec les associations de patients.

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On se dirige vers une médecine personnalisée où le rôle du diagnostic sera central, à la fois pour l’identification rapide des pathogènes et la caractérisation de la réponse de l’hôte à l’infection.

Alexandre Mérieux, PDG, bioMérieux

Quelles futures innovations envisagez-vous pour votre industrie ? 

Le rôle joué par les données de santé va prendre un essor considérable dans les années à venir. En ce qui concerne le diagnostic, les données sont de plus en plus nombreuses et complexes. Elles sont aussi source d’informations complémentaires pour aller vers un diagnostic « augmenté » et ainsi améliorer la prise en charge des patients. 

Les technologies évoluent vers plus de rapidité, d’automatisation et d’intégration. Cela permettra au personnel de laboratoire de mieux se focaliser sur les activités à forte valeur ajoutée. L’informatisation des données de santé du patient va favoriser la fluidité dans la gestion de son parcours de soin. Le rôle du diagnostic va dépasser de plus en plus le cadre du laboratoire stricto sensu, en se rapprochant des médecins et des patients. Dans le domaine des maladies infectieuses, on se dirige vers une médecine personnalisée où le rôle du diagnostic sera central, à la fois pour l’identification rapide des pathogènes et la caractérisation de la réponse de l’hôte à l’infection.

Par ailleurs, il faudra aussi arriver à éradiquer des maladies qui restent encore beaucoup trop répandues comme le paludisme et la tuberculose, pour lesquelles l’accès au diagnostic précoce et aux traitements sont clés.

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Nous restons en veille permanente quant à l’émergence et l’évolution de nouveaux variants.

Alexandre Mérieux, PDG, bioMérieux

Qu’attendez-vous de ce nouveau partenariat avec TSE ? 

TSE a lancé, avec le soutien de bioMérieux, une initiative de recherche sur l'économie de la santé et les technologies de diagnostic. Notre ambition commune est de concevoir des éléments de réflexion novateurs sur les questions économiques dans le domaine de la santé et de rendre ces résultats accessibles au public. D’une durée initiale de 3 ans, l’initiative sera centrée sur l’antibiorésistance et sur l'évaluation économique de l'innovation diagnostique. 

Quels seraient vos conseils à un étudiant de TSE ? 

Vous avez la chance de faire partie d’une école de renommée internationale, avec en son sein des laboratoires de recherche d’excellence. Je vous dirais d’en profiter à fond, d’être curieux, de vous ouvrir à des champs de compétence et des approches diverses et variées, de travailler en mode collaboratif pour trouver votre voie, votre projet en vous faisant plaisir et en servant l’intérêt général.

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Publié dans la TSE Reflect Décembre 2023

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