Soutenance de thèse de Pablo MILENI MUNARI, 29 juin 2026

29 Juin 2026 Recherche

Pablo MILENI MUNARI soutiendra publiquement ses travaux de thèse en sciences économiques Lundi 29 juin 2026 à 15H30 (Auditorium 5, bâtiment TSE, soutenance hybride)
Titre des travaux: Essays in Macroeconomics

Directeur de thèse : Professeur Fabrice COLLARD

Membres du jury :

  • Fabrice COLLARD : Directeur de Recherche, CNRS-TSE R Directeur de thèse
  • Eugenia GONZALEZ-AGUADO : Professeure Assistante d'Économie, TSE, Université Toulouse Capitole Examinatrice
  • Alexander GUEMBEL : Professeur d'Économie, TSE-TSM, Université Toulouse Capitole Examinateur
  • Charles BRENDON : Professeur Associé d'Économie, Queen’s College, Cambridge Rapporteur
  • Franck PORTIER : Professeur d'Économie, University College of London Rapporteur

Résumé :

Dans le chapitre 1, j’étudie comment l’hétérogénéité des entreprises dans l’adoption de l’automatisation façonne les inégalités salariales. Je développe un modèle d’équilibre général avec producteurs hétérogènes qui choisissent endogènement leur niveau d’automatisation dans une technologie de production par tâches et fixent les salaires sur des marchés du travail imparfaitement concurrentiels. Le modèle fournit une stratégie d’identification isolant les effets salariaux de l’automatisation des chocs de productivité non observés en exploitant les co-mouvements des prix et des quantités relatives des inputs. À partir de données françaises reliant investissements en robots industriels et registres administratifs employeur–employé, je trouve que les cols blancs des entreprises qui s’automatisent connaissent des gains salariaux de 7% par rapport à ceux des entreprises non automatisées, tandis que les cols bleus gagnent environ 5%. Ces estimations impliquent que l’automatisation a accru la variance des salaires entre groupes de qualification d’environ 15%, mais celle entre travailleurs de même qualification employés dans des entreprises qui s’automatisent ou non d’environ 20%. L’hétérogénéité des entreprises apparaît ainsi comme la principale source d’inégalités induites par l’automatisation, devant le canal classique du biais en faveur des qualifications.

Dans le chapitre 2, je propose une théorie reliant la production d’information sur les marchés boursiers à la propagation macroéconomique des chocs agrégés. Des entreprises hétérogènes allouent leurs inputs sous information imparfaite sur leur fondamental et apprennent à partir du prix de leur action, déterminé sur un marché à la Kyle où un spéculateur informé choisit endogènement la quantité d’information à acquérir. Je montre que le rendement de l’acquisition d’information augmente non seulement avec la volatilité transversale des fondamentaux, mais aussi avec leur moyenne : lorsque les entreprises anticipent des fondamentaux plus élevés, elles grandissent, les profits deviennent plus sensibles aux chocs et le emph{mispricing} absolu augmente. J’appelle ce mécanisme le emph{firm-scale channel of mispricing}. Dans une version dynamique en équilibre général, les chocs agrégés accroissent la production d’information à l’équilibre, amplifiant la réponse macroéconomique maximale aux chocs de productivité de 7% et aux chocs d’incertitude de 56%. Le chapitre montre ainsi que l’apprentissage à partir des marchés financiers peut constituer un puissant amplificateur endogène des cycles économiques.

Dans le chapitre 3, coécrit avec Wenxuan Xu et Andrei Zaloilo, nous étudions comment les entreprises transmettent les chocs de productivité à leurs travailleurs à travers trois marges : les salaires horaires, les heures travaillées et les séparations. À partir de données françaises appariées employeur–employé, nous montrons que les emplois bien rémunérés s’ajustent principalement par les salaires horaires, tandis que les emplois faiblement rémunérés s’ajustent surtout par les heures travaillées et les séparations. Nous développons ensuite un modèle d’équilibre de recherche avec contrats dynamiques dans lequel les entreprises partagent le risque avec leurs travailleurs via ces trois marges et diffèrent par leurs coûts de création de postes vacants. Le modèle implique que les politiques ciblant une seule marge d’ajustement — salaire minimum, restrictions sur les horaires ou coûts de licenciement — peuvent être peu efficaces, les entreprises reportant le risque sur les autres marges.