Soutenance de thèse de Maxim SANDIUMENGE I BOY, 30 juin 2026

30 Juin 2026 Recherche

Maxim SANDIUMENGE I BOY soutiendra publiquement ses travaux de thèse en sciences économiques mardi 30 juin 2026 à 15H00 (Auditorium 5, bâtiment TSE, soutenance hybride)
Titre: Essays in Industrial Organization

Directeur de thèse: Professeur Patrick REY

Pour assister à la soutenance, merci de contacter le secrétariat de l'école doctorale.

Membres du jury :

  • Patrick REY : Professeur d'Économie, Université Toulouse Capitole Directeur de thèse
  • Pierre DUBOIS : Professeur d'Économie, Université Toulouse Capitole Examinateur
  • Daniel ERSHOV : Professeur Assistant d'Économie, University College of London Examinateur
  • Ali YURUKOGLU : Professeur d'Économie, Graduate School of Business, Stanford University Rapporteur
  • Marc BOURREAU : Professeur d'Économie, Telecom - Institut Polytechnique de Paris Rapporteur

Résumé :

Cette thèse est composée de trois essais en organisation industrielle portant sur les relations verticales, le foreclosure et l’interopérabilité dans les marchés numériques.

Le premier chapitre, Consumer Dynamics and Vertical Relations: Coordination and Foreclosure in a U.S. Consumer Goods Industry, étudie comment les dynamiques de demande issues de l’habit formation affectent l’efficacité des relations verticales, les incitations au verrouillage et l’impact global de l’intégration.

Il développe un modèle dynamique dans lequel les firmes en aval ont plusieurs fournisseurs et font face à des consommateurs sujets à l’habit formation, et l’estime à partir de données de scanner d’une industrie de biens de consommation aux États-Unis, où la fidélité à la marque engendre une forte inertie de la demande.

Pour résoudre ce jeu dynamique de grande dimension, le chapitre adapte des méthodes d’apprentissage par renforcement profond afin d’approximer des équilibres parfaits de Markov. Les résultats montrent que les dynamiques de demande amplifient les conséquences de tout désavantage concurrentiel, générant deux forces opposées.

D’un côté, les firmes modèrent leurs marges en amont pour préserver la compétitivité de leur structure verticale, atténuant les problèmes de coordination sous séparation et réduisant les gains d’efficacité issus de l’intégration. De l’autre, les firmes intégrées ont de plus fortes incitations à verrouiller l’accès aux produits non intégrés, puisque l’orientation des consommateurs aujourd’hui affecte la demande future par le biais de l’habit formation. Dans l’ensemble, le chapitre montre que les liens intertemporels atténuent les effets pro-concurrentiels des fusions verticales et amplifient leurs risques anticoncurrentiels.

Le deuxième chapitre, Vertical Foreclosure: A Dynamic Perspective, étudie comment les considérations dynamiques affectent la capacité et les incitations des firmes à verrouiller l’accès de leurs rivaux aux intrants essentiels. Il s’appuie sur le cadre canonique du duopole successif et introduit des liens intertemporels sur le marché aval: plus une firme vend en première période, meilleure est sa capacité à concurrencer en deuxième période. Dans cet environnement, les liens intertemporels génèrent deux forces opposées. D’un côté, ils amplifient les conséquences des asymétries de coûts en aval, puisque des coûts plus élevés aujourd’hui affaiblissent également la position concurrentielle future d’une firme. De l’autre, les fournisseurs alternatifs peuvent modérer les prix des intrants pour préserver la compétitivité future de leur structure verticale. L’effet global dépend de la faisabilité d’une contre-fusion et de la force des liens intertemporels. Lorsque les contre-fusions sont impossibles ou que les dynamiques sont faibles, les incitations au verrouillage augmentent; inversement, lorsque les contre-fusions sont réalisables et que les liens intertemporels sont forts, ces incitations peuvent être substantiellement atténuées ou disparaître entièrement.

Le troisième chapitre, Platform Annexation, est coécrit avec Patrick Rey. Il étudie la concurrence entre plateformes et les incitations à l’interopérabilité en présence d’outils facilitateurs qui réduisent les coûts du multi-homing. Ces outils peuvent intensifier la concurrence en limitant la capacité des plateformes à exploiter leur position de réseau. Dans le même temps, les plateformes peuvent avoir des incitations à restreindre l’interopérabilité ou à acquérir et exploiter ces outils de manière à désavantager leurs rivaux. Le chapitre analyse comment ces incitations dépendent de la force des effets de réseau, des asymétries de marché et de la distribution du multi-homing entre plateformes. Il étudie également comment des choix d’interopérabilité asymétriques peuvent permettre à une plateforme d’attirer les utilisateurs de la plateforme concurrente tout en limitant l’accès réciproque, reconfigurant ainsi les résultats concurrentiels.