Article paru dans Le Monde, le 3 mars 2024
L’économiste Mathias Reynaert observe, dans une tribune au "Monde", que la loi européenne sur la restauration de la nature adoptée le 27 février est moins ambitieuse qu’il n’y paraît. La politique de protection n’explique en rien le verdissement progressif de l’Union européenne.
Le Parlement européen a adopté la loi sur la restauration de la nature le 27 février. Son objectif est de "restaurer les écosystèmes pour les personnes, le climat et la planète". Concrètement, la loi vise à protéger 30 % du territoire de l’Union européenne (UE). Cela peut sembler une importante proportion, mais cet objectif est en fait facilement atteignable, car l’Union abrite suffisamment de terres inexploitées pour les qualifier de "naturelles" ! Le compromis entre les gains écologiques et les coûts économiques de la protection a en réalité favorisé l’objectif de minimiser les pertes économiques (Tristan Earle Grupp, Prakash Mishra, Mathias Reynaert et Arthur Van Benthem, "An Evaluation of Protected Area Policies in the European Union", Working Paper n° 1490, Ecole d’économie de Toulouse, 2023). Bien que le plan de l’Union européenne semble ambitieux, il reste donc encore beaucoup à faire pour protéger la nature… Il faut savoir qu’avant même la loi qui vient d’être votée, les Etats membres de l’UE avaient désigné plus de 25 % de leur territoire comme zones protégées, afin de préserver les espèces et les habitats essentiels à la biodiversité de l’Europe et d’éviter une crise imminente de la biodiversité. Cet effort de protection a commencé au début du XXe siècle, mais a pris son essor dans les années 1980...
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Illustration : Photo d'illustration de Ricardo Gomez Angel sur Unsplash




