Article paru dans L'Express, n°3693, le 14 avril 2022.
Un quart du PIB russe provient de l'extraction des hydrocarbures. Pour la France et l'Allemagne, le choc associé à un embargo est absorbable.
Les atrocités commises en Ukraine par l'envahisseur russe nous mettent face à nos responsabilités d'Européens, à la fois principaux clients financeurs de l'autocrate agresseur et défenseurs des idéaux de liberté et de démocratie de la nation agressée. Entre ces deux rôles, il nous faut choisir. Trois quarts de siècle de paix en Europe occidentale nous ont laissé croire qu'elle peut être obtenue sans effort.
Mais comme nous le rappellent en contrepoint les funestes accords de Munich de 1938, quand l'ennemi de nos libertés franchit les lignes rouges, il faut savoir sacrifier un peu de notre confort immédiat pour l'arrêter.
Depuis le 24 février, l'Europe est en guerre. En guerre économique. Notre arme majeure, c'est un embargo total des importations d'hydrocarbures russes. La capacité de Poutine à financer ses agressions, aujourd'hui en Ukraine et qui sait où à l'avenir, serait rapidement éliminée si cette source essentielle de revenus venait à se tarir. Mais quels sacrifices cela devrait-il impliquer pour la France et ses partenaires? Un embargo sur le charbon et le pétrole russe aurait un impact plutôt symbolique, car les deux parties, russe et européenne, pourraient aisément réorganiser leur réseau de vente et d'approvisionnement. Un tel embargo ne pourrait avoir un impact significatif sur le budget russe que si nous étions capables de convaincre les Chinois et les Indiens de s'y associer...
Lire la suite L'Express
Illustration : Photo by Doris Morgan on Unsplash




