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« L'État face à ses barbares » : comment mettre en statistiques le terrorisme ?
Publié le 2 novembre 2026
Rédigé en collaboration avec le sociologue, politologue et ingénieur de Ponts Vincent Spenlehauer, cet ouvrage révèle comment, en France, le terrorisme est perçu comme un acte « barbare », une « anomalie » venue de l’extérieur, que la société civile peine à saisir parce qu’il demeure cantonné à une « affaire d’État », gérée par l’État loin du regard public.
Pourtant, les auteurs nous questionnent : le terrorisme n’est-il pas, avant tout, un phénomène de société lié, notamment, à la façon dont l’État agit via ses politiques publiques ? Et comment peut-on améliorer l’action publique à ce sujet ?
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Penser le terrorisme comme un fait produit à l’intérieur de la société, ce n’est pas l’excuser. C’est, au contraire, se donner les moyens intellectuels de comprendre pourquoi il persiste et ce que l’on peut améliorer dans l’action publique pour en limiter les effets.
Expliquer le terrorisme, c’est l’excuser ?
Face à ceux pour qui « expliquer » le terrorisme « c’est déjà vouloir un peu excuser », Jérôme Ferret rappelle qu’au contraire, la violence terroriste « nous parle moins de l’ennemi que de nous-mêmes, de nos États, de leurs promesses, de leurs échecs et de leurs zones d’ombre » et que « refuser de l’entendre, c’est se condamner à la répéter sans jamais la comprendre. »
Ainsi, selon les auteurs, penser le terrorisme comme un fait produit à l’intérieur de la société, ce n’est pas l’excuser. C’est, au contraire, « se donner les moyens intellectuels de comprendre pourquoi il persiste » et ce que l’on peut améliorer dans l’action publique pour en limiter les effets plutôt que de les amplifier.
Face à cet impensé, les auteurs proposent des pistes de réflexion afin de mieux comprendre le terrorisme et éviter de répéter les échecs passés.
Mettre en statistiques le terrorisme : un futur défi pour les économistes ?
Poubelles anti-bombes, barrières « anti-camion tueur », intelligence artificielle pour détecter des comportements suspects… L’État investit dans de nombreux dispositifs antiterroristes dont nous connaissons mal l’efficacité. Les auteurs plaident en faveur d’outils de mesure de l’action publique à ce sujet.
Face à cette « difficulté à mettre en statistiques le terrorisme », ils évoquent les calculs statistiques réalisés concernant les accidents de la route :
« Au début des années 1960, [le médecin américain William Haddon simplifie la problématique des accidents de la route en se livrant à] quelques calculs économiques du genre « sachant qu’un mort évité épargne à la collectivité tant d’euros et que chaque minute sans secours augmente de tant le risque de mourir pour les occupants d’un véhicule, à quel investissement pour accroître l’efficience des secours, la collectivité doit-elle consentir ? ». [Ainsi,] la difficulté de le mettre en statistique le terrorisme ne devrait pas nous dissuader de tenter de transposer [ce type de matrice] dans le domaine de l’action publique. »
En s’inscrivant dans la droite lignée de l’idée de bien commun — chère au fondateur de TSE, Jean Tirole — Jérôme Ferret et Vincent Spenlehauer nous fournissent là un ouvrage passionnant qui illustre la richesse et la qualité des enseignements dispensés à la Toulouse School of Economics.
L'État face à ses barbares. Vers une nouvelle sociologie du terrorisme et de la violence.
de Jérôme Ferret & Vincent Spenlehauer.
- Paru le 21 octobre 2026, aux éditions Hermann.
- 256 pages
- Prix public : 22 €
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