Soutenance de thèse de Johanna ISMAN le 19 février 2024

19 Février 2024 Recherche

Johanna ISMAN soutiendra publiquement ses travaux de thèse en sciences économiques  LUNDI 19 FEVRIER 2024 à 15h00 Auditorium 6  & ZOOM.

Titre : "Three essays on the economics of voluntary certification"

Directeurs de thèse : Madame Emmanuelle AURIOL & Monsieur Stéphane STRAUB

Pour assister à la conférence, merci de contacter le secrétariat Christelle Fotso Tatchum

Membres du jury :

  • Emmanuelle Auriol : Professeure d'Economie, TSE,  Directrice de thèse
  • Mathias Reynaert : Professeur d’Economie, TSE,  Président
  • Mme Julie Subervie : Directrice de Recherche INRAE/CEE-M Rapporteure
  • Eduardo Souza-Rodrigues, Professeur Associé, University of Toronto Rapporteur

Résumé

Cette thèse étudie l'économie de la certification volontaire de la qualité non-observés par les consommateurs et les investisseurs. Les deux premiers chapitres se concentrent sur la gestion durable des forêts, qui peut réduire les externalités négatives telles que la perte du stock de carbone et de la biodiversité.

Le premier chapitre étudie comment une application plus stricte des règles de certification affecte la participation des parcelles forestières et leur qualité lorsque les gestionnaires forestiers choisissent non seulement le label, mais aussi l'un des certificateurs concurrents. Ces entreprises contrôlent la qualité pour le même label avec des niveaux de rigueur potentiellement variables. Les propriétaires de labels font respecter leurs normes en excluant les certificateurs trop indulgents. Je construis et estime un modèle structurel de ce type de certification à l'aide de nouvelles données de panel sur la norme du Forest Stewardship Council (FSC). Je quantifie des différences considérables dans les niveaux de rigueur des certificateurs et montre que les gestionnaires forestiers sont prêts à payer beaucoup plus pour des certificateurs relativement indulgents. Des analyses contrefactuelles révèlent que l'augmentation du niveau minimum de rigueur des certificateurs améliore la qualité des forêts certifiées mais réduit la participation. Il en résulte une relation en forme de bosse entre la rigueur minimale et la qualité globale des forêts. Les résultats montrent une limitation générale de la certification volontaire, mais aussi que FSC peut inciter à réduire davantage les externalités négatives.
Dans le deuxième chapitre, mes co-auteurs et moi cherchons à savoir si des labels peuvent inciter des entreprises à réduire les externalités négatives même en limitant le volume de production. Plus précisément, nous étudions l'impact des modifications de la norme FSC en 2014, qui exigent la préservation d'un minimum de 80\% de paysages forestiers intacts et non perturbés (IFL) dans les forêts certifiées. Nous analysons les effets sur leur taux de certification et la conservation des IFLs. Pour ce faire, nous relions les informations géographiques sur les concessions forestières à la télédétection de la zone forestière, aux détails de la certification FSC dans des pays avec beaucoup de IFLs. A base de la méthode des doubles différences, nos résultats révèlent qu'en Russie, après la modification de la norme FSC, les concessions avec IFL étaient moins enclines à obtenir ou à rester certifiées FSC que celles qui n'avaient pas d'IFL. En outre, nous trouvons des indications que le changement a contribué à la conservation de l'IFL dans les forêts certifiées. Cependant, les facteurs à l'origine de ces améliorations restent insaisissables, car notre étude ne révèle pas de réduction de la perte de couverture arborée au sein de l'IFL.
Le troisième chapitre de la thèse utilise la théorie des jeux pour étudier l'accréditation, c'est-à-dire l'audit et l'octroi de licences aux certificateurs. De nombreux pays et propriétaires de labels mettent en place des organismes d'accréditation (OA) à cette fin. J'analyse comment la création et la réglementation des OAs affectent les incitations des certificateurs à la fraude et le bien-être économique. Je quantifie des faits motivants basées sur l'augmentation de la certification après la reconnaissance internationale de l'OA uruguayen. J'analyse ensuite les équilibres publics parfaits dans un jeu répété à l'infini entre une masse d'acheteurs, un fournisseur monopoliste, une société d'audit monopoliste et un ou plusieurs OAs. Je montre qu'une condition nécessaire pour que l'existence des OAs ait un effet d'amélioration du bien-être est que les acheteurs soient suffisamment sophistiqués ou que l'accréditation soit obligatoire. Le modèle prouve que les OAs ne doivent pas être des entreprises maximisant leur profit.