Près d’un litre sur cinq est perdu dans les réseaux d’eau en France. Les structures vieillissantes provoquent un gaspillage énorme. Alors que nous sommes confrontés à une crise hydrique croissante, amplifiée par le changement climatique, il est temps d’agir, et vite. Mais comment concilier sobriété hydrique, équité et investissement ?
Dans une note du Conseil d’Analyse Economique publiée le 22 janvier, Arnaud Reynaud, directeur de recherche à l’Inrae et membre de TSE, et ses co-auteurs, font un constat alarmant.
Le modèle économique du secteur, fondé sur le principe de “l’eau paie l’eau”, est largement dépendant des volumes consommés. Ce système paraît aujourd’hui inadapté : alors qu’une large part des coûts des services d’eau sont fixes, la baisse structurelle des consommations, encouragée par les politiques de sobriété, fragilise leur financement.
L’urgence hydrique impose de combiner des mesures rapides et des réformes structurelles de long terme, afin d’intégrer pleinement l’eau dans l’ensemble des politiques publiques.
Tarification, gouvernance territoriale et répartition de l’effort
Face à l’aggravation des tensions sur la ressource en eau, amplifiées par le changement climatique et le vieillissement des infrastructures, une réforme profonde du modèle économique de l’eau en France s’impose. Il faut investir massivement pour moderniser les réseaux, tout en sortant d’un financement trop dépendant des volumes consommés, incompatible avec les objectifs de sobriété. La tarification doit être plus lisible et plus efficiente, avec une part variable modulée selon les variations saisonnières ou la disponibilité de la ressource afin d’envoyer un signal-prix adapté en période de tension. La gouvernance territoriale de l’eau doit être renforcée afin de mieux financer le « grand cycle » de l’eau. Pour mettre en œuvre cette trajectoire, il est nécessaire de construire un véritable consensus social autour de l’eau, grâce à une meilleure information, un partage plus équilibré de l’effort et une solidarité renforcée envers les territoires vulnérables.
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Dans cette note, vous trouverez des données détaillées sur qui paie quoi et comment (les ménages sont la principale source de financement en masse, les redevances sont un instrument de financement et d’incitation, etc.). |
Arnaud Reynaud est directeur de recherche à l'INRAE et membre de la Toulouse School of Economics. Ses recherches portent sur l'économie de l'environnement, l'économie de l'eau, le risque et l'incertitude, et l'économie agricole.
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