Les animaux sont partout autour de nous. Ils nous fournissent de la nourriture, des vêtements et de la compagnie. Nos activités humaines les affectent, souvent sans que l’on s’en rende compte. Et ce, alors que beaucoup d’animaux sont sentients : ils peuvent sentir la douleur et les émotions ; autrement dit, ils éprouvent du “bien-être”.
Dans son livre Animal Economics (Cambridge University Press), Nicolas Treich, directeur de recherche à TSE et Inrae, explore comment inclure les animaux et leur bien-être dans l’analyse économique, traditionnellement centrée sur le bien-être humain. Selon lui, on peut examiner ce sujet selon deux approches :
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L’approche directe qui part du principe que le bien-être animal fait partie de l’objectif social global. Dans ce cas, nos actions qui affectent les animaux peuvent être vues comme des externalités. Les outils économiques classiques, tels que les taxes/subventions ou les normes de qualité, peuvent alors aider à concevoir de meilleures politiques publiques concernant les animaux. Mais cette approche non- anthropocentrique se heurte à plusieurs défis : l'éthique des populations, la difficulté de comparer le bien-être entre les espèces et le fait que les animaux n'ont pas de voix politique.
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L’approche indirecte qui se concentre sur les préoccupations des humains envers les animaux, mais cette préoccupation est inégale. Nous aimons certains animaux, nous en ignorons d’autres. Nous donnons à des associations ou des refuges, mais nous les oublions lorsque nous faisons nos achats alimentaires ou vestimentaires. En s’appuyant sur l’économie, mais aussi la psychologie, ainsi que d’autres domaines, Nicolas élabore une théorie comportementale de l’intérêt que nous portons aux animaux afin d’expliquer ces schémas.
Avec une vision novatrice de l’économie du bien-être animal, ce livre, bien qu’académique, s’adresse à un public plus large, comme l’explique Nicolas : “Mon espoir est que ce livre donne des clés aux étudiants, aux chercheurs, aux décideurs et aux défenseurs des animaux pour faire en sorte d’intégrer le bien-être animal dans la réflexion économique mais aussi d’intégrer la réflexion économique dans la protection du bien-être animal.”
Pour des journalistes s’intéressant aux animaux, et plus largement aux questions environnementales et agricoles, curieux de découvrir une approche originale et engagée de l’économie.
Nicolas Treich est directeur de recherche à TSE et à l’INRAE. Il se tient à votre disposition pour des interviews en visio. Si vous êtes intéressé·e, veuillez contacter Caroline Pain, attachée de presse de TSE. caroline.pain@tse-fr.eu
Cette actualité fait partie de notre série « Recherche à la Une ». Chaque fois qu'un ou une chercheuse de TSE publie une étude digne d'intérêt, nous vous en informons, vous, les journalistes, et vous offrons la possibilité d'interviewer l'auteur·ice.

