Article paru dans Challenges, le 27 mars 2025
Dans une économie de marché, les prix reflètent à la fois les sacrifices que la communauté assume pour mettre les biens à disposition de leurs usagers et la valeur que ceux-ci accordent à ces biens. Si un entrepreneur dispose d'une technologie qui lui permet de vendre un bien à un prix supérieur à la valeur des inputs nécessaires à sa production, son profit sera positif et reflétera la création de valeur sociétale de son activité. Maximiser son profit revient donc à maxinuser le bien commun. Voilà le credo du néolibéralisme que des générations d'économistes d'aprèsguerre ont chanté, où nos chefs d'entreprise apparaissent comme les héros des temps modernes. Un puissant mouvement d'experts du monde de la finance s'est révolté depuis au moins deux décennies pour s'opposer à cette thèse libérale. Cette révolte est justiflée. Quand les entreprises saccagent sans vergogne l'environnement ou quand elles ignorent les dommages sociaux et psychologiques des vagues de licenciement, les profits oublient de refléter ces sacrifices que la communauté subit suite à ces décisions. Les entreprises contribuent au changement climatique, à la perte de biodiversité partout dans le monde et à l'accroissement des inégalités dans certains pays en dévoiement de la méritocratie. Ainsi, la maximisation du profit n'est pas compatible avec la maximisation du bien commun. II faut donc obliger les entreprises à intégrer les impacts environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) de leur activité. Mais le diable se cache dans les détails...
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Illustration : Photo de Austin Distel sur Unsplash




