Plus de dépense publique, ce n'est pas la solution

18 Mai 2017 Politiques publiques

Est-il urgent de réformer l'économie française ?

La situation économique n'est pas bonne par rapport à tous nos voisins. Le taux de chômage est élevé, la dette continue d'augmenter, le déficit budgétaire n'est pas encore très bien maîtrisé et le taux de croissance est très faible. En 15 ans le revenu par tête d'habitant a chuté de 30 % par rapport à celui des Allemands. Il est donc absolument nécessaire de réformer.

Quelles sont les pistes et les marges de manœuvre ?

Le débat est connu. On a donné en exemple ce que les Allemands ont fait au début des années 2000 avec les réformes Hartz. On se souvient des directions prônées par l'Europe et dites d'austérité. Mais quand la France traîne un déficit budgétaire de 3 % par an, on ne peut pas dire qu'il y a austérité. Idem avec un budget des dépenses publiques qui représente 57 % du budget de l'Etat. Donc pour les solutions, on passe hélas par la politique. Il y en a qui disent qu'il faut fermer les frontières et sortir de l'Europe et d'autres qui défendent l'Europe et demandent des efforts. Toute la question est de savoir comment on fait les choses. D'où l'importance de la gouvernance. Mais une chose est sûre, ce n'est certainement pas en augmentant la dépense publique qu'on va s'en sortir. Dans le cas contraire, on a tout intérêt à s'interroger sur les bons investissements. Exemples ? Les TGV qui rapportent on les a déjà construits, les 2 000 kilomètres à venir le seront beaucoup moins. Le développement du numérique ? A-t-on vraiment besoin aujourd'hui d'un réseau en 5G pour télécharger à toute heure de la nuit et du jour place du Capitole ? Si on fait des investissements il faut être bien sûr que ce soit rentable. Sinon, c'est de l'argent perdu.

Quels pourraient être ces investissements rentables ?

Je pense notamment aux start-up, très nombreuses en France qu'il faudrait aider pour qu'elles deviennent plus grosses. Ça me paraît être l'élément le plus important de la politique industrielle. Après, il y a toutes les mesures qui font baisser le coût du travail. Je ne crois pas que la baisse des cotisations sociales et l'augmentation de la CSG soient de nature à fondamentalement relancer l'économie. D'une manière ou d'une autre il me semble plus important de libéraliser le marché du travail.

Qu'entendez-vous par là ?

C'est-à-dire l'organiser au plus proche de la décision pour que les patrons et les travailleurs tendent vers des décisions qui leur permettent d'aller mieux. Cela peut porter sur le temps de travail, sur une meilleure organisation des transports vers l'entreprise, sur la mise en place d'un tas d'éléments sur la structure des salaires, la productivité, le déroulement de l'activité, etc.

Vous plaidez pour la baisse de la dépense publique. Incluez-vous dans votre raisonnement la baisse du nombre de fonctionnaires ?

On ne peut pas continuer ainsi. Dans tous les pays européens la moyenne de la dépense publique est de 49 %. Huit points de moins qu'en France, soit une économie de 100 à 150 milliards d'euros. Or l'Etat français, c'est d'abord ses 5,5 millions de fonctionnaires. Dans ce cadre, il me paraît important d'avoir une réflexion sur le temps de travail de la fonction publique et sur l'organisation même de son travail… Et je ne parle pas là de la santé, de la sécurité ou même de l'école. Le problème, c'est la dépense publique dans la fonction publique territoriale notamment. Il faut qu'elle soit réorganisée.

L'euro est-il un facilitateur d'économie ?

Heureusement qu'on a l'euro. Il y a des avantages et des inconvénients mais ça nous discipline. Il y a beaucoup de gens qui ont dit pis que pendre des politiques d'austérité de l'Europe. Mais regardons, la Grèce, l'Espagne et le Portugal en pleine santé. Actuellement la situation économique en Europe est plutôt bonne, non ? Et cela pour la première fois depuis dix ans.

 

© La Dépêche

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