Soutenance de thèse de Dhruv JAIN, 1er avril 2026

1 Avril 2026 Recherche

Dhruv JAIN soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés "Essays in Development Economics: Navigating Distortions, Unintended Consequences, and Reform Priorities"

Mercredi 1er avril 2026, 9h30 en ligne

Batiment TSE, 1 esplanade de l'université, Toulouse
Directeurs de thèse : Professeure Emmanuelle AURIOL, Professeur Olivier DE GROOTE et Professeur Matteo BOBBA

Composition du jury :

  • Emmanuelle AURIOL : Professeure d'économie, TSE, Université Toulouse Capitole Directrice de thèse
  • Olivier DE GROOTE : Professeur d'économie, TSE, Université Toulouse Capitole Co-directeur
  • Matteo BOBBA : Professeur d'économie, TSE, Université Toulouse Capitole Co-directeur
  • Eva RAIBER : Professeure d'écoomie, Aix-Marseille School of Economics Examinatrice
  • Elise HUILLERY : Professeure d'économie, Ecole Normale Supérieure – PSL Rapporteure
  • Grégoire ROTA-GRAZIOSI : Professeur d'économie, Université Clermont Auvergne/CERDI-CNRS Rapporteur

Résumé :

Cette thèse examine comment les politiques économiques peuvent remodeler l'économie, soit en réduisant les distorsions (chapitre 1), soit en engendrant des conséquences inattendues (chapitre 2), soit en guidant les décideurs politiques grâce à une priorisation fondée sur des données probantes (chapitre 3).

Le chapitre 1 étudie les gains de productivité au niveau des entreprises suite à l'adoption progressive de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en Inde entre 2003 et 2008. À l'aide de microdonnées détaillées et d'une fonction de production multiproduits, je reconstitue la productivité et les coûts marginaux des entreprises. Je constate que l'adoption de la TVA a augmenté la productivité de 10 % et réduit les coûts marginaux de 11 %, les gains étant plus importants pour les entreprises financièrement contraintes et celles situées en aval. Ces effets sont dus à l'adoption de technologies, à des investissements plus élevés, à une intégration verticale réduite, à la spécialisation des produits et, potentiellement, à une concurrence accrue, ce qui génère des gains de bien-être tant pour les entreprises que pour les consommateurs.

Le chapitre 2, coécrit avec Sakshi Gupta, explore l'impact d'un choc de liquidité à court terme, la démonétisation de 2016 en Inde, sur les taux d'abandon scolaire. En exploitant les différences de conception liées à la discontinuité et la variation de l'accès aux services bancaires selon les districts, nous constatons que les zones les plus touchées ont enregistré une augmentation des abandons scolaires dans les établissements privés, mais pas dans les établissements publics. Ceci révèle des contraintes de crédit dans les décisions des ménages concernant la scolarisation des élèves et souligne les conséquences à long terme des chocs de liquidités temporaires.

Le chapitre 3, co-écrit avec Stéphane Straub et d'autres chercheurs, présente une méta-analyse de plus de 1 000 estimations d'élasticité issues de 221 études sur les infrastructures. Couvrant les secteurs des transports, de l'énergie et du numérique, l'analyse examine un large éventail de résultats : production, emploi, inégalités, éducation, etc. Nous prenons en compte les biais de publication et l'hétérogénéité des contextes et des méthodologies, et proposons des points de référence actualisés pour les élasticités sous-jacentes « réelles », en accordant une attention particulière aux pays en développement.