Quel avenir pour les monnaies numériques ? Le débat entre François Villeroy de Galhau et Piero Cipollone
15 mai 2025
Dans le cadre de la seconde édition de la « Conférence académique sur l'impact des innovations privées et publiques en matière de paiements numériques sur le système monétaire et financier », le gouverneur et Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, ont échangé le 15 mai sur les principaux enjeux de l’euro numérique, et ses impacts sur les paiements et le secteur bancaire.

À la question posée par la modératrice, Jana Randow, dans l’auditorium Jacques-Delors : « Pensez-vous pouvoir utiliser l’euro numérique dans cinq ans ? », près des trois quarts des mains se sont levées. Piero Cipollone a rebondi sur cette tendance : « si on m’avait posé la question des raisons qui nous poussent à réfléchir à l’euro numérique il y a un an, j’aurais parlé de souveraineté monétaire ; à présent je peux rajouter : ‘’ parce que les gens le souhaitent ! ‘’. « La monnaie numérique et la monnaie fiduciaire ont chacune leurs avantages ; l’objectif, avec l’euro numérique, est de disposer des avantages de ces deux formes de monnaie » a souligné le gouverneur. Les principaux défis, l’ancrage monétaire, la souveraineté dans le secteur des paiements et les moyens de faire face à la fragmentation des moyens de paiement, ont été abordés.
À la question de savoir si l’élection de Donald Trump a changé quelque chose dans le projet, la réponse est claire : « cela a significativement renforcé la détermination de notre projet » a indiqué le gouverneur.
Au niveau du calendrier, Piero Cipollone a précisé que l’euro numérique pourrait avoir un cadre légal avant la fin de l’année, et qu’une fois la décision prise, l’euro numérique pourrait voir le jour à partir de 2028. « D’après les sondages, près de la moitié des européens seraient prêts à utiliser l’euro numérique, et la tendance est en hausse » a rappelé le gouverneur, en précisant que cette nouvelle forme de monnaie offrira une liberté de choix supplémentaire dans les paiements, mais n’a pas vocation à remplacer ni faire disparaître les autres formes de monnaie. « Georges Bernard Shaw disait : " Some men see things as they are, and say why. I dream things that never were, and say why not. "1 « Cela pourrait être la devise de notre projet » a résumé François Villeroy de Galhau.
1 Il y a des hommes qui voient les choses telles qu’elles sont, et qui demandent pourquoi. Je rêve de choses qui n’ont jamais existé, et je me dis pourquoi pas.
